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Les plus beaux poèmes d’amour
de Jean-Paul Sermonte  choisis par Julie Lévy

 
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Chanson

Viens

Dans mes bras

Tu te souviens

De cet air-là ?

Écoute

Sur la route

Dans la nuit

Un homme erre

Une ombre le suit.

Un homme erre

Pétri de doutes

Et de poussière.

Il pleut. Il a froid

Il avance et l’ombre

Le suit toujours.

Son royaume c’est la nuit sombre

Il n’a jamais vu le jour.

Il pleut tant ce soir-là

Il se sent infiniment las

Bientôt il voit une maison

À la clairière du bois

Il frappe à la porte

Personne ne répond.

Il repart l’âme blessée

Le vent l’emporte

Sous la pluie glacée.

Et toujours derrière lui

Cette ombre qui le suit.


Soudain

Un petit coin

De ciel noir se dévoile

Il voit une étoile

La nuit n’est plus la nuit

Alors il la suit

Sa clarté est sublime

Et lui fait éviter l’abîme

Qui s’ouvrait sous ses pas


Il sort enfin du bois

Et de sa misère.

L’aube l’attend

Il boit sa lumière

Sa vie dorénavant

Ne sera plus pareille

Puisqu’il a vu le soleil

Lui que la nuit aveuglait.

Et l’ombre qui le suivait

Est entrée dans son être

Pour l’épouser tout à fait.


Viens

Dans mes bras

Tu te souviens

De cet air-là ?

L’étoile, l’aube c’était toi

Le soleil qui m’éblouit toujours

C’était toi. La vie c’était le bois.

Le voyageur qui errait c’était moi

Et l’ombre fidèle, notre amour.

 
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J'aime

J’aime le chemin qui te mène à moi

J’aime ta démarche de reine de Saba

J’aime tes jolies petites chaussures

Et tes pieds mignons bien sûr.


J’aime tes jambes et le gardien frémissant

De ton sexe aux plis veloutés

J’aime tes seins dont les bouts ravissants

Ressemblent à deux tours génoises

(Vigiles de l’ardente vallée

Que convoite ma bouche violente et sournoise).

J’aime ton visage si fin que Botticelli eût aimé

Et tes yeux et tes cheveux ô mon énigmatique almée.


Du chemin jusqu’à ton regard

Tout ce que tu foules tu touches tu brises même

Du chemin jusqu’à ton regard

J’aime tout de toi car c’est toi que j’aime.

 
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Billet

BILLET


Je prendrai ces mots que se disent les amants

Que je ne voulais pas dire et que je dirai à mon tour

Ces mots que parfois l’on dit quand on ment

Quand on meurt d’amour quand on pleure d’amour…

Je prendrai ces mots que se disent les amants

Communs et magiques ces mots de pluie et de fièvre

Ces mots de romance et de roman

Que ma bouche déposera sur tes lèvres

Écoute-moi, écoute-moi te les dire

Ces mots qui te font peut-être sourire

Mais qui viennent du plus profond de moi-même

Comme un torrent qui expire

Comme un cri qui meurt un espoir que blesse un soupir

Les voici ces mots… « Je t’aime ».