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Les plus beaux poèmes d’amour
de Jean-Paul Sermonte  choisis par Julie Lévy

 
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Reste avec moi

Reste avec moi beau doux amour

Reste avec moi


J’aurai pour toi des tendresses

Mystiques d’adolescent

J’aurai pour toi des caresses

Gorgées de lait et de sang

Et j’aurai les maladresses

D’un jeune amant de quinze ans

Je serai prince ou princesse

Tendre agneau ou loup puissant


Reste avec moi beau doux amour

Reste avec moi


J’aurai pour toi des silences

Que seuls troubleront nos yeux

Et de tendres violences

Le corps brisé, l’âme en feu

Je n’aurai plus l’insouciance

Qui me faisait croire heureux

Car ma vie n’a d’importance

Que si tu m’aimes un peu

Reste avec moi beau doux amour

Reste avec moi


Je chanterai mon amante

Tes yeux profonds comme un bois

Où s’est noyée ma tourmente

Tes yeux qui sont à la fois :

Calices buveurs d’étoiles

Amande noisette et miel

Rivière-azur où s’étoilent

Opale et bris d’arc-en-ciel


Laisse à tes yeux leur prière


Reste avec moi beau doux amour

Reste avec moi.

 
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Regard

Je suis ton enfant et je suis aussi ton père
Que de fois j’ai pleuré sur ton sein mes misères
Que de fois j’ai aimé sans le laisser paraître
Tes airs de p’tit’fille qui venait se soumettre
Ah, mais ce que j’aime plus que tout sous les cieux
Ce sont tes yeux, tes yeux de fennec malicieux.
Et ton regard ma mie ce long regard d’enfance
Qui prend sa source dans quelque verte souffrance
C’est lui qui fait de moi ton père ou ton enfant
Je l’aime ce regard d’eau de perles et de flammes
Car c’est par lui, par lui seul que mon âme
S’irise dans le cristal de ton âme.

 
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Qui étais-tu?

Qui étais-tu, dis-moi, qui étais-tu avant ?

Dans une autre vie dis, ma femme ou mon enfant ?

Il y a dans mon cœur pour toi tant de douceur

Que peut-être étais-tu tout simplement ma sœur.

Mais sœur, femme enfant tu es tout en même temps

Quel est donc ce mystère qui m’obsède tant ?


– Moi, je sais – dit mon cœur –, elle est plus qu’une femme

Avant le grand éclair qui sépare les âmes

Elle était en nous et nous nous étions en elle

Elle est l’amour et la douleur originelle.

Voilà bien des vies que tu la recherchais

Depuis la nuit des temps elle aussi t’attendait

Vous n’étiez qu’un. Un seul esprit et un seul être

Avant, bien avant de mourir et de renaître

Aujourd’hui vous voilà unis et pour toujours

Si vous êtes encor dignes d’un grand amour.